2020 : premier bilan d’une année (trop) spéciale

Premier bilan d'une année 2020 particulièrement difficile pour les CSE
L’année 2020 aura été rude pour tout le monde, mais encore plus pour les élus de comité social et économique, qui auront été en première ligne dans des entreprises secouées jusqu’au cœur de leur organisation. Avec notre point de vue de partenaire des CSE, nous dressons un premier bilan de ce parcours d’obstacles, d’un confinement à l’autre.

Sans préjuger de ce qui nous attend en 2021, nous ressentons tous un certain soulagement à voir se terminer la si particulière année 2020, avec les multiples bouleversements apportés par la crise sanitaire. Au cabinet Arex, qui accompagne au quotidien de nombreux comités sociaux et économiques, nous avons pu le constater : les élus de CSE se sont trouvés en première ligne, avec des missions à réinventer aussi bien dans leur aspect économique que dans le volet social. Et ce d’autant plus durement qu’ils prenaient à peine leurs marques dans la nouvelle instance remplaçant les anciens comités d’entreprise.

En cette fin d’année et de deuxième confinement, nous avons eu envie de vous rendre hommage en vous tendant un miroir : comment vous êtes-vous adaptés à cette tourmente ? quel bilan et quels premiers enseignements on peut en tirer ? Voici ce que nous en avons perçu…

Télétravail : maintenir le lien

« Vas dans ta chambre, je travaille ! ». Vous faites partie de ceux pour qui cette petite phrase est devenue un tic de langage depuis le mois de mars ? Elle illustre à elle seule le casse-tête de tous les télétravailleurs pendant (ou depuis) le confinement. Il vous a fallu aménager à domicile un semblant de bureau : pas toujours simple. Surtout quand le télétravail s’impose dans la durée et que les conditions de travail, de ce fait, s’invitent dans la problématique.

Dans l’ambiance déjà anxiogène créée par l’épidémie elle-même, bon nombre d’élus et responsables se sont rendu compte des risques relevant des SSCT (santé, sécurité et conditions de travail) dans ce nouveau fonctionnement. Ils ont souvent pris le soin de maintenir le lien avec les équipes, les collègues. Avant même d’en discuter avec les employeurs, l’enjeu a d’abord été de rompre l’isolement et de prévenir les impacts de ce mode de travail imposé et généralisé.

Sur tous les fronts

Mais le télétravail n’était qu’un aspect parmi tout ce qui est venu perturber vos missions de représentants du personnel. Les bouleversements rapides et successifs de ces derniers mois ont mis à rude épreuve les équipes CSE.

Il a fallu beaucoup négocier. Dans beaucoup d’entreprises, les réunions se sont multipliées ou allongées : accords de télétravail, révision du règlement intérieur du comité pour introduire temporairement la tenue de réunion par visio ou semi-présentiel, accord prime Covid-19, avis à formuler sur les actualisations régulières des mesures sanitaires ou des plans de continuité d’activité, actualisation du Document unique… Tous ces sujets sont venus s’ajouter aux missions habituelles des élus et aux traditionnelles négociations annuelles obligatoires.

Les élus des CSE ont déployé une grande énergie autour des questions de SSCT, et encore plus pour les professionnels de santé. Les enquêtes, les entretiens, les réunions sont alors à chaque fois un défi, d’autant plus qu’il a fallu les mener dans les conditions des mesures de distanciation. Nous leur tirons notre chapeau !

Des activités à réinventer

Dans le même temps, les activités sociales et culturelles ont complètement changé de physionomie, à tous les niveaux : le flou du montant des subventions annuelles sur une année marquée par le chômage partiel, des restrictions sur les modalités de distribution de chèques vacances, bons cadeaux, etc., sans parler de l’impossibilité de proposer des activités culturelles, des voyages ou même un arbre de Noël… Tout ou presque a été à réinventer.

Dans ce contexte, les élus ont pris le soin de rester proches des salariés. Ils ont souvent fait preuve de beaucoup de créativité et d’ingéniosité pour déployer des ASC cohérentes et pouvant faire sens dans une époque aussi troublée.

Réunions en visio : pas simple

« Faisons un petit tour de table »… Même sans la table, la phrase type d’un début de réunion a pris un relief particulier dans les réunions à distance… d’autant que ce temps de présentation a souvent servi à patienter le temps que tout le monde parvienne – plus ou moins – à se connecter, se rendre audible et visible, établisse le calme autour de lui, branche un casque… Après quinze minutes, l’ensemble des participants est enfin à l’écoute, ouf !

Les participants et animateurs sont alors face à un outil multimédia nouveau. Il a fallu s’habituer à ses codes particuliers : se discipliner, couper le micro, lever la main, activer le micro une fois la prise de parole accordée…

Chacun est désormais habitué à notre nouvelle vie en visio. Il n’empêche, le bilan montre que ce mode de communication a eu des conséquences. Recueillant les confidences d’élus de CSE, nous avons retenu différents constats, dont certains sont plus ou moins alarmants :

  • Lors de certaines réunions plénières, l’écoute des élus n’a pas été respectée.
  • Les confinements ont apporté leur lot d’ordres du jour préparés à la hâte ou transmis dans des délais peu règlementaires.
  • Le présentiel favorise l’interaction et donc l’écoute active des participants ; à distance, difficile de savoir jusqu’à quel point on écoute vraiment.
  • L’animation d’une réunion en visio est particulière et impose de nouveaux codes et réflexes.
  • Les CSE et entreprises ont investi autant que possible dans des outils multimédias adéquats…
  • … Mais les néophytes de l’informatique se sont sentis un peu plus en marge de cette effervescence de la numérisation.

Des subventions incertaines

À la suite du premier confinement, les élus et les directions ont (parfois, mais pas toujours) établi un premier estimatif des masses salariales 2020. Pour beaucoup, il a fallu déjà réviser les budgets prévisionnels : chômage partiel, report d’embauches, non remplacement de postes, perspectives économiques inquiétantes… On commençait à se rendre compte que la masse salariale serait revue à la baisse. Et par conséquent, les subventions au CSE aussi. Il a donc fallu se soucier des équilibres budgétaires, tout en restant dans le flou de ce qui allait se passer jusqu’à la fin de l’année.

Côté activités économiques et professionnelles, le budget, qui doit normalement tendre à l’équilibre, risque d’être plus complexe à gérer, car l’effet covid peut avoir aussi des incidences sur les dépenses. Dans une situation aussi inédite, le recours à des partenaires extérieurs a parfois augmenté significativement, par exemple pour un appui conseil aux élus, ou pour la rédaction des procès-verbaux des plénières qui se sont multipliées.

Côté ASC, il a fallu faire avec les annulations de locations, de voyages, de sorties. Les stocks de billetteries culturelles et sportives sont restés au placard.

À l’automne, après avoir établi tant bien que mal les situations comptables à fin août-septembre, les élus ont engagé au mieux les dernières ASC de l’année : rentrée scolaire, participation au sport, Noël… C’est alors que le confinement a fait son retour. Tout le monde a vécu ce rebond dans sa vie personnelle et professionnelle. Les élus de CSE, par surcroît, ont dû y faire face dans la gestion du comité… et toujours dans l’expectative sur le montant de leurs subventions.

Une clôture des comptes particulière

Vous en êtes conscients, une fois fêté – en petit comité – l’arrivée de 2021, il ne sera pas encore temps d’oublier complètement cette difficile année. Au moins pour ce qui concerne la partie sur laquelle nous accompagnons vos instances, il vous faudra encore vous pencher sur la clôture des comptes. Et sur ce point aussi, nous pouvons prévoir que 2020 sera une année particulière et comparable à aucune autre. La crise du coronavirus va laisser des traces jusque dans vos lignes de compte, avec notamment des impacts sur les subventions, les conventions de voyages et de locations, les stocks de billetterie… Des points de contrôle particuliers seront à mettre en place.

Au cabinet Arex, nous avons anticipé sur ces conditions spécifiques de clôture. Si vous faites partie de nos clients, vous avez reçu des préconisations pour vos interactions avec le cabinet, et vous recevez régulièrement des informations qui vous permettront de faciliter les travaux de clôture.

Les courriers de fin d’exercice ont dû également arriver dans vos boîtes de messagerie : ils rappellent les documents à réunir pour que nous puissions intervenir de façon judicieuse. Nous vous accompagnons plus que jamais et le cabinet fait tout son possible pour garder le lien avec l’ensemble des équipes CSE et répondre rapidement à leurs sollicitations.

Retrouver l’énergie

On s’en souvient, lors des conférences autour du passage du CE au CSE, il se disait que « le CSE, ce sera faire plus avec moins de moyens, qu’ils soient humains ou financiers ». Cette première année « post-passage » aura fait vivre cette réalité à chaque CSE… en mode amplifié.

Les équipes CSE seront-elles toujours motivées après cet épisode éprouvant ? Trouveront-elles l’énergie pour faire face à la troisième vague de difficultés qui, après le changement d’instance et la crise sanitaire, pourrait vous attendre avec les métamorphoses du contexte économique ? Qu’elles marquent la reprise ou le déclin d’activité de l’entreprise, le CSE devrait être encore très sollicité dans ses missions.

Les variations à la baisse de certaines masses salariales sont préoccupantes. Le CSE aura à relever le défi de mener dignement ses activités économiques et professionnelles, avec des arbitrages budgétaires de plus en plus délicats. Sans compter que l’aspect humain pourra être impacté aussi. On le constate ici ou là : le contexte covid a engendré une dégradation du dialogue social dans certaines entités et il sera nécessaire d’œuvrer à le restaurer.

Dans ce contexte, nous ne saurons trop vous recommander de vous appuyer sur les experts qui vous accompagnent. Avocats, associations, experts-comptables… Nous sommes mobilisés pour vous aider à franchir ce cap.

Et pour l’heure nous vous souhaitons… d’oublier momentanément les constats de cet article, le temps de passer d’heureuses et reposantes fêtes de fin d’année.

 

Ce qu'il faut retenir

Le premier bilan de l’année 2020 pour les CSE fait ressortir les difficultés qui se sont multipliées d’un confinement à l’autre :

  • vigilance à avoir sur les impacts du télétravail ;
  • de nouveaux sujets de SSCT à négocier ou à examiner ;
  • des ASC à réinventer ;
  • des réunions à distance qui n’ont pas facilité le dialogue social ;
  • des incertitudes sur les subventions ;
  • une clôture des comptes qui devra tenir compte des spécificités de l’année.

Il sera nécessaire aux élus de trouver de bonnes ressources d’énergie pour franchir le cap de cette crise sanitaire. Plus que jamais, nous sommes à vos côtés pour vous accompagner.